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Solidarité Migrants
Oise: acharnement!
Collectif Solidarité Migrants Oise
Membre du Réseau Education Sans Frontière (RESF)
Chers Amis, Chers Camarades,
1- Acharnement contre la famille Rentsendorj: ça suffit!
La famille Rentsendorj est en rétention, près de Rouen, depuis
le mardi 12 septembre. Elle habitait Liancourt et les enfants (14 et 16 ans) étaient
scolarisés au Collège Herriot de Nogent/ Oise.
Leur rétention vient d'être prolongée de 15 jours afin de
permettre leur expulsion vers la Mongolie, pays qu'ils avaient dû fuir.
Mais il semble de plus que cette famille soit victime d'un véritable acharnement.
Ainsi, les deux jeunes enfants ont été menottés à au
moins deux reprises ce qui est tout à fait interdit par nos lois: le plus
jeune pendant toute une nuit aux barreaux de son lit (sa mère étant
hospitalisée, un policier s'est lassé de surveiller sa chambre
pendant toute la nuit); puis les policiers et le personnel soignant ont menacé de
l'intuber s'il ne mangeait pas, le forçant ainsi à prendre un repas
qu'il ne voulait pas ingurgiter.
Quant à son frère, il a été mené au Tribunal
de Grande Instance de Rouen (le 13/ 09) lui aussi menotté.
La maman a été hospitalisée (le 23/ 09) et les enfants maintenus
seuls au Centre de rétention, ce qui là encore est contraire à la
loi.
Le plus jeune de 14 ans a encore été emmené sans sa mère à l'hôpital
toute une nuit et toute une journée (du 24/09/06 à 22h00 au 25/09/06 à 17h00
environ) sans que sa mère ait pu l'accompagner, et ce malgré ses
protestations.
Enfin, les enfants refusant de s'alimenter régulièrement, la direction
du centre de rétention a fait un signalement au procureur, arguant que
c'est la mère qui interdit à ses fils de manger quand ces deux
adolescents sont parfaitement conscients des dangers qui les guettent et prêts à tout
pour éviter l'expulsion.
Aucun mineur n'a sa place en rétention! Claire BRISSET par exemple, ex-défenseure
des enfants, l'a réaffirmé à maintes reprises. Là,
l'acharnement et les atteintes aux droits des enfants vont plus loin encore,
et au-delà de la loi même. Ce n'est plus supportable! Seule leur
libération permettra de mettre fin à ce véritable calvaire.
Le Collectif Solidarité Migrants s'adresse en ce sens, et le plus solennellement,
au Préfet de l'Oise. 2- Luttes:
- Jeudi 28/ 09, nous étions en réunion à Nogent/Oise, beaucoup
de monde, un débat passionnant et déterminé, des amis venus
aussi de Creil, Montataire...
Le bassin creillois s'organise pour bientôt, souhaitons-le, des initiatives
communes fortes.
- Samedi 30/ 09, environ 80 manifestants de l'Oise pour la manifestation nationale à Paris!
- Dans les jours prochains, nous multiplierons les contacts pour que se multiplient
les collectifs locaux autour des établissements scolaires.
- Vendredi 6, nous serons reçus par La Maire de Beauvais.
3-
Déclarations scandaleuses: - Lors de notre conférence
de presse, nous avons déclaré que se développait
dans notre pays "une
véritable xénophobie d'Etat". Propos excessif ? Une preuve
de plus que non: le ministre de l'Education Nationale, De Robien, a déclaré à la
Fidl (organisation lycéenne) être "le ministre de l'Éducation
nationale et non internationale". Propos véritablement honteux
et hors la loi puisqu'aucun enfant n'est en situation irrégulière
sur le territoire et que le principe d'égalité est l'un des fondements
de notre République.
On comprend mieux au moins son silence assourdissant lorsque nous l'avons interpellé lors
de chaque placement en rétention ou expulsion d'un élève!
- Mr Sarkozy s'entête! Concernant la circulaire du 13 juin "en faveur" des élèves
scolarisés, Il déclare la "parenthèse fermée".
Nos luttes doivent lui donner tort!
Enfin, il réclame toujours plus d'expulsions et a rappelé à l'ordre
les préfets aux résultats insuffisants, les prenant à part.
Sa crainte: ne pas atteindre les 25 000 reconduites promises. A cette date,
il en est à14 304 malgré la brutalité, les droits bafoués...
4-
Pétition:
L'application de la circulaire de régularisation du 13 juin a donné lieu à toutes
les injustices, tous les arbitraires... Aussi certains exigent-ils une commission
d'enquête sur la régularisation.... Une commission d'enquête
parlementaire n'est pas notre tasse de thé mais signer cette pétition
ne peut pas nuire.
Signez la donc : www.placeauxdroits.net
Transmettez aussi ce mail autour de vous 5-Houreye et Mathilda:
A ce sujet, tous ceux qui souhaitent leur apporter une aide financière
peuvent envoyer un chèque à JM Bavard, à l'ordre de Solidarité Migrants
(bien préciser au dos: Solidarité Mathilda). Courage et fraternité.
C/o
Jean-Michel BAVARD
11, rue Mathéas
60000 Beauvais
Tel.: 03 44 45 25 88/ 06 71 93 15 19
Mel: jmbavard@club-internet.fr
ou Francis DESCROIZETTE
13 rue de La Poste
60155 RAINVILLERS
Tel.: 03 44 84 40 48/ 06 71 43 23 76
Mel: francis.descroizette@wanadoo.fr
RÉSEAU
ÉDUCATION SANS FRONTIÈRES
Réseau national des militants,
collectifs d’établissements, syndicats et associations
pour l’information et le soutien
aux jeunes scolarisés étrangers sans papiers
Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris
- educsansfrontieres@free.fr / www.educationsansfrontieres.org
Contact sur ce dossier : Pierre Cordelier 06 81 76 39 51
COMMUNIQUÉ 19 septembre 2006
6924 RÉGULARISATIONS, COMME PRÉVU…
ET APRÈS ?
Les 6924 régularisations au final - d'adultes, pas
de familles- dans le cadre de la circulaire du 13 juin. ce
n'est malheureusement pas une surprise. Le ministre de l 'Intérieur
l'avait annoncé - il avait osé l'annoncer avant
même que les dossiers soient examinés- 30% seraient
gagnants -régularisés, 70% donc perdants. Le
système des quotas était posé par avance.
Et la réalité est pire: 20% de "bons",
80% de "mauvais". Aussi, si nous nous réjouissons
pour celles et ceux, régularisés, qui vont
enfin pouvoir vivre tranquillement, dignement, comme chacun
en a
le droit, force est de constater qu'on est loin du compte.
La circulaire du 13 juin avait déclenché un
immense espoir… mais ce fut une véritable loterie.
Cet espoir, entretenu par les déclarations médiatisées
de N. Sarkozy et d'A. Klarsfeld qui ont suivi, a déclenché
cette ruée immédiate vers les préfectures.
Les dépôts collectifs initiés par RESF
sont venus ensuite, en toute connaissance de cause pour chaque
famille qui a librement décidé de s'y joindre.
Aujourd'hui, beaucoup de familles n'ont pas encore été
convoquées. D'autres n'ont toujours pas reçu
de réponses. Tous ces gens vivent aujourd'hui dans
l'angoisse de l'attente, ou dans l'effondrement après
le refus. Et ils ont la peur au ventre. C'est une honte, c'est
indigne. C'est une tricherie cynique, une traîtrise…
Et c'est N. Sarkozy qui accuse RESF d'être démagogique
et irresponsable(!), relayé par son étrange
médiateur, A. Klarsfeld dont l'expression est réduite
à un psittacisme navrant: dire et redire tout ce que
dit le maître.
C'est N.Sarkozy le démagogue, qui médiatise
des annonces qui ne sont que des arnaques.
C'est N. Sarkozy, le démagogue, qui instrumentalise
les sans papiers dans la perspective des élections
présidentielles en amalgamant immigration, invasion,
chômage, délinquance et insécurité…
C'est N. Sarkozy, l'irresponsable; qui attise la xénophobie
et la tentation raciste et, par réaction, entretient
le repli communautariste qui enferme et sépare.
Au final, une politique inhumaine aux relents nauséeux
qui ne résoud en rien le problème des migrations
et cause d'infinies souffrances.
Nous avons assuré une veille vigilante durant tout
l'été.
Si le butin estival de la chasse à l'enfant, dramatique
pour les familles et les jeunes qui en ont été
victimes , n'a pas été à la hauteur des
annonces du ministre, depuis, les rafles dans les quartiers,
l'éviction brutale de 600 personnes du CROUS de Cachan,
l'interpellation d'une partie d'entre eux, les expulsions
accompagnées de violence, la traque des parents et
des jeunes majeurs autour des écoles sont devenues
un fait du jour impossible à ignorer.
La rentrée scolaire est maintenant faite: les enseignants,
les parents d'élèves, les élèves
eux-mêmes, les citoyens, les élus… nous
sommes tous là: prêts, mobilisés, solidaires
et déterminés à ne pas supporter
l'inacceptable. L'ampleur de la mobilisation du réseau,
depuis deux ans - sur tout le territoire français -
, qui rassemble des associations et des gens de d'opinions
diverses, les 123 000 signataires de la pétition "
nous les prenons sous notre protection", c'est la preuve
que ce pays n'est pas sarkozyfié.
Ce qui nous réunit autour des enfants, des jeunes majeurs,
des familles menacés d'expulsion, c'est une volonté
commune: que ce pays devienne ce qu'il prétend être:
le pays des droits de l'Homme.
Un
enfant sourd, en école spécialisée à
Paris, menacé d'expulsion vers Alger - PARIS, 18 sept
2006
Les dirigeants d'une école pour enfants sourds à
Paris ont dénoncé le "risque imminent d'expulsion"
d'un élève multi handicapé et de ses
parents algériens, ce qu'ils considèrent comme
"un "gâchis humain" au vu l'"évolution
spectaculaire" de l'enfant depuis deux ans.
Anis Aliouane, 6 ans, souffre "d'une surdité profonde
et d'un ensemble de handicaps associés rendant son
développement très difficile", explique
Yaron Shavit, président de l'association de recherches
et d'études sur le langage des enfants hypoacousiques,
dans une lettre au ministre de l'Intérieur Nicolas
Sarkozy, dont l'AFP a obtenu lundi une copie.
En septembre 2004, à son arrivée au Celem, établissement
privé spécialisé pour enfants sourds
du IXe arrondissement de Paris, "Anis Aliouane était
un garçon replié sur lui-même, sans aucun
moyen d'accéder ni à la communication ni à
l'apprentissage", relate M. Shavit. Il est devenu "un
garçon joyeux et vivement intéressé par
son environnement, rattrapant son retard, à son rythme",
insiste-t-il.
Or, ses parents, en France depuis trois ans, ont reçu
une injonction à quitter le territoire, car ils "ne
justifient pas de l'intensité de leurs liens avec la
France", déplore les dirigeants de l'école.
" Anis ne pourrait bénéficier en Algérie
d'une prise en charge adaptée à ses besoins
en communication et apprentissages scolaires", insiste
le directeur de l'école, Hamadi Abid.
Le Celem, école bilingue français-langue des
signes, accueille 55 enfants sourds, dont une moitié
issus de familles étrangères, selon sa direction. |